23 févr. 2014

Ida



La jeune Ida, orpheline élevée dans un couvent en Pologne, doit prononcer ses voeux. La mère supérieure l'invite avant à rencontrer sa tante. 
Ida, reclue du monde, se retrouve ainsi en ville face à cette tante, Wanda, qui vient de passer  la nuit avec un inconnu... et qui lui annonce entre deux bouffées de cigarettes qu'elle est juive "une nonne juive" et que ses parents ont été tués pendant la guerre. Ida et Wanda vont partir à la recherche des corps et se retrouver face à un terrible secret...dans cette Pologne des années 60.

Il est question d'histoires, d'histoire de famille et de la grande Histoire, de mémoire, de vengeance et de pardon, de la vie qu'on fuit et de celle qu'on choisit. Ida va-t-elle trouver une famille avec sa tante, avec ce beau garçon qui lui tourne autour ou sa vie est-elle vraiment consacrée à l'Amour de Dieu ? Que va-t-elle faire de ce passé retrouvé ?

Le réalisateur Pawel Pawlikowski filme cette histoire tout en ombres et en lumières. L'ombre du passé d'une famille, d'un pays, de l'alcoolisme et de la colère de Wanda "La rouge" procureur de la République qui en a décapité plus d'un ... La lumière du visage d'Ida, la jeune , la lumière des concerts de jazz et des paysages traversés par les deux femmes...

Chaque plan, en noir et blanc à couper le souffle,  est un tableau qui porte cette dualité. L'esthétique du vide exerce une attraction très forte, une mise en abîme face à ces questions de mémoire et de choix. Comment vivre avec la cruauté et la bassesse des Hommes, comment trouver la Lumière ? 

A chaque film vu, je suis souvent reconnaissante aux réalisateurs, aux acteurs,  d'apporter un éclairage à mon rapport au monde, de m'aider dans ma quête de sens, de me bousculer. Ca me fait mal de savoir qu'un film aussi intelligent que Tomboy a été "mis à l'index" par certains, même si cette polémique aura permis à plus de gens de le découvrir... 

9 févr. 2014

De ceux



Cette semaine, on m'a remis l'article sur le départ en retraite de mon grand-père, instituteur dans l'Yonne. Ce grand-père dont j'ai longtemps continué à tenir la main ...même quand il n'était plus là, même si j'étais devenue grande.
Un article où il disait l'amour de son métier "qui exige beaucoup de patiente, un large esprit de tolérance et le don de soi".

Je voudrais que ces mots me portent et portent mes enfants et leurs enfants.
C'est mon héritage.

Cet héritage qui me fait me mettre en colère quand j'entends, le matin à la radio, que grâce à la mobilisation de milliers d'internautes le brutaliseur de chat est enfin derrières les verrous avant d'annoncer le nombre d'enfants morts en Syrie sous les bombes (et j'aime les chats inutile de le préciser).
Comme Syriens, Si RIEN, ne s'était passé, on passe à la météo...
Cet héritage qui me fait expliquer à mes fils qu'il faudra toujours, toujours, se mobiliser aux côtés des femmes pour préserver leurs droits. Faire le  ménage de sa chambre, repasser ses chemises (Marius repasse tout son linge et une partie de celui de la famille depuis l'année dernière), aider à ranger c'est pour tout le monde dans cette maison et leur père est le premier à montrer l'exemple. Je serais fière d'avoir des garçons féministes !
Cet héritage qui me fait accepter deux stagiaires au bureau, en plus des piles de dossiers, car je crois vraiment qu'il faut donner et donner aux jeunes en ce moment et que j'aime continuer d'apprendre grâce à eux. 

Cette semaine, j'ai beaucoup entendu dire que j'étais "passionnée", une jolie façon de dire mes colères et mes emportements, mes enthousiasmes et mes angoisses. Quand je me fatigue moi-même, je peux maintenant relire les mots de mon grand-père.  "Dès le début de ma carrière, j'ai aimé passionnément ce métier si captivant et attrayant"... Je crois que c'est la vie et les autres qu'il aimait passionnément ;-)

A la vie, à la mort Pépé et Merci !
Tu es de Ceux  qui trace le chemin !