2 juin 2013

Oui




Je crois que tout est parti de cette phrase qu’on lance aujourd’hui au quarantenaire. « Forty's are the new Thirty's »...De cette phrase qui se veut pleine d’allant mais  à  laquelle ma tête et mon cœur répondaient « non, non, non ». Un Non tellement fort, tellement violent qu’il est devenu urgent de plonger dans cette trentaine  pour lui remettre des couleurspour rapiécer les morceaux déchirés.  Avant de franchir la ligneje voulais me débarrasser de l’amertume et de la colère, de la peur aussi. 
Retrouver le goût.

Ces derniers mois, ma trentaine je la voyais comme une nuit qui s’était ouverte un soir de juillet. Une nuit d’hôpital, une nuit d’amis partis trop tôt, de cris d’enfants dans des couloirs, de bébés devenus des étoiles, de ce deuxième qu’on attend, qu’on attend, de cette entreprise qu'il faut fermer, de ce con de chef qu'il faut baillonner… Une nuit qu’on croit fini et qui revient nous chercher. Une nuit éveillée, passée à  toujours, toujours reculer l’heure d’aller se coucher … Alors non, non, non il ne fallait pas me promettre que ça allait être aussi bien, vraiment pas. Prise par la peur, que tout recommence encore, je ne les voyais plus les couleurs des Trentans.

Je ne les voyais plus les jours de fête, les câlins du matin, la maison en bois rêvée puis construite, ce petit deuxième qui arrive une nuit de fête de la musique, les amis toujours là et le goût des premières cerises. Je ne les voyais plus les soirées en amoureux sous les étoiles et les cafés au soleil. Je ne les voyais plus les balades avec sa main dans la mienne et ses «  Maman je t’aime ».
J’avais trop peur. Trop peur.

Alors j’ai creusé, j’ai tartiné des cahiers, des coins de mon cerveau. J’ai osé envoyer des mots et entraîner Pierre dans l’aventure de Mister Wood. Comme à chaque fois qu’il y a eu urgence, j’ai senti cette force télurique  monter et me donner du courageCette force que je crois alimentée par leurs âmes, par le regard qu’ils ont eu un jour pour moi, sur moi.

Et puis il y a eu  ces bouts de bois et ces bouquets. J’avais peur et vous m’avez envoyée des fleurs. Des photos de vos bouquets "Flowers&Wood" qui m’ont touché en plein cœur. Ce n’était qu’un gribouillis dans un carnet, c'est devenu des morceaux de printemps et d’été.

Aujourd’hui je souris quand j’entends que les Forty’s sont les nouveaux Thirty’s
Je souris ...
et je dis oui.

Oui à la vie comme elle va
Oui aux matins speeds et aux dimanches sous la couette
Oui aux joies simples et  oui aux emmerdes
Oui aux cris, oui aux mots et oui aux silences
Oui aux jours d’abondance et à ceux où l’on compte trop
Oui à ce que je décide et à ce que je ne décide pas
Oui aux rêves
Oui aux chaussures à talons qui font de jolies jambes
Oui  à ces chiffres étranges sur la balance
Oui aux amis  de toujours oui aux amis toujours
Oui  aux larmes et oui aux baisers
Oui aux certitudes et oui aux erreurs
Oui  l’imprévu et  aux «  je te l’avais bien dit »
Oui à l’Art Oui à l’Autre
Oui à la peur et oui à la confiance
Oui aux âmes bienvieillantes qui croiseront ma route
Oui aux cons car ils font apprécier les autres
Oui au soleil et oui à la pluie
Oui aux baisers sur leurs joues si douces et oui à la moustache qui pousse 
Oui  à l’amour toujours  Oui à l’amour d’un jour
Oui à la vie qui va
Oui à la vie qui s’arrêtera un jour, le plus tard possible mon amour
Oui à la vie
A la vie
Oui

Et dans quelques jours, à mon annulaire droit, cette bague viendra remplacer l'absence du solitaire repris par la sorcière.