23 janv. 2013

Unchained


Il y a une image qui ne veut pas quitter ma tête depuis hier soir. Un regard. Celui d'un esclave dans une cage en plein Mississipi, il regarde s'éloigner à toute allure un homme sur son cheval chargé de dynamites et d'armes.

Cet homme c'est Django qui vient encore de se libérer et qui part délivrer la femme qu'il aime, Broomhilda.  Dans le regard de l'esclave, depuis sa cage ouverte, il y a tout l'espoir et de la fierté du monde. C'est toujours le même regard si intense celui des oprimés qui voient un des leurs dire non et gagner.

Cette scène est d'une beauté inouie, la musique (déjà en boucle dans mes oreilles), le paysage, Django qui force son destin par amour et cette cage ouverte... enfin !

Jubilatoire c'est la Blonde qui le dit et c'est exactement ça.

Quelques minutes avant cette scène, j'ai pourtant cru que c'était fini. Django de nouveau enchaîné, pendu par les pieds et la tête entravée. Django qui manque de se faire émasculer... Django qu'on a vu esclave les fers aux chevilles, puis libre regardant le monde du haut de son cheval. Django qui tue pour de l'argent au côté du "bon Docteur Schultz" ... pour pouvoir acheter la liberté de la femme qu'il aime. Django obligé de trahir les siens, d'"être pire que pire" pour ne pas éveillé les soupçons de Calvin Candie. Django qui ne bouge pas un cil quand Calvin lâche les chiens sur D'Artagnan son frère d'esclavage... Non ça ne peut pas se finir comme ça, Django à la case départ, condamner à casser des cailloux toute sa vie...

Ah pétard qu'il est en forme Tarantino parce que bien sûr que non ça ne peut pas finir comme ça ...

Jubilatoire. Je jubilais à la fin du film.  

On se dirigeait vers la sortie quand j'ai croisé la tête de ce jeune con, à l'air ravi lui aussi, et puis, je ne sais pas pourquoi, j'ai regardé ses pieds. C'est quand j'ai vu le tas d'ordures à ses pieds que j'ai arrêté de sourire. J'ai eu envie de voir Django sortir de l'écran, venir se planter devant le jeune con et lui dire très calmement "Hey mec, tu ramasses ta merde, ton sac de Kebab vide, ta canette écrabouillé et tes restes de Chipster, tout de suite" A mon avis il aurait écouté Django, même sans flingue, plus qu'il ne m'a écouté moi... Django il aurait baissé ses lunettes, tué le mec du regard, et il lui aurait dit "Tu vois t'applaudis mais tu n'as rien compris, en sortant de la salle, regarde la femme avec son chariot qui attend pour nettoyer. Regarde-la dans les yeux et dis-lui que tu trouves que c'est à elle de ramasser ta merde. A elle qui travaille souvent à temps partiel avec des horaires débiles, à elle qui sait si bien que les chaînes en 2013 font le bruit du crédit revolving et des intérêts en fin de mois. Unchained, vraiment, tu crois ? " Parce que Django est beaucoup plus persuasif que moi, le jeune con hier soir, aurait eu deux leçons de vie pour le prix d'un ticket de cinéma.

Il y a une image qui ne veut pas quitter ma tête depuis hier soir. Celle d'un esclave dans une cage ouverte.