8 juin 2011

Sous les arbres


Deux films vus ces derniers jours

The tree of life, une oeuvre qui filme et raconte le deuil dans une famille. Ma référence en la matière était "La chambre du fils" de Nanni Moretti, un film qui me transporte encore en laissant remonter les émotions.
Depuis le film de Terrence Malik, je sais que  l'on peut aborder ce thème dans l'intimité d'un appartement ou dans l'immensité du monde. Que l'on peut filmer un homme qui frôle les couloirs de sa main pour ne pas tomber et une femme qui flotte dans les airs et que ces deux silhouettes vous disent la même chose. Que les vivants ont un travail long et dur à faire, à leur manière, pour vivre avec l'absence et les souvenirs et pouvoir repartir... En bus à la frontière italienne ou sur une plage peu importe, l'essentiel étant de trouver les forces. J'ai pleuré, pleuré ... et bu du Rhum après. Dans la nuit, sur la route du retour, j'ai regardé les arbres se détacher et je les ai trouvé encore plus beaux.

Il fallait bien un chat qui parle pour sécher mes larmes.  Joann Sfar, vous savez tout le bien que je pense de lui comme réalisateur depuis son opus sur Gainsbourg, a donné vie à son chat  ! Les décors, les voix, l'histoire (qui n'est pas une transcription pure de la BD), la sagesse du chat et la folie des hommes, la sagesse du vieux rabbin et de son ami musulman et la folie du chat : un régal de cinéma !! Sans oublier les tirades comme "Il donne des noms scientifiques aux choses et Monsieur croit qu'il a compris !" ... Tiens, c'est bien ça comme phrase pour faire son miel en juin... Dans "Le chat du Rabbin" il y a un arbre  en dessous duquel le Rabbin découvre que, contre toutes ses croyances, il a réussi la dictée de français qui lui permet de rester un rabbin officiel dans l'Algérie française et cette bonne nouvelle lui donne les ailes pour traverser l'Afrique à la recherche de Jérusalem... 
J'ai ri, beaucoup... et bu des Blanches après. Dans la nuit, sur la route du retour, j'ai regardé les arbres se détacher et je les ai trouvé encore plus sages encore plus fous.