21 mars 2011

L'Autre journal versus l'Autre épicerie



J'avais dans les tiroirs depuis un moment une photo de vieilles couv de l'Autre journal. En octobre dernier, dans un train pour Paris, en dernière de Libé, il y avait un portrait du fondateur de ce magazine mythique : Michel Butel

Dès les premières lignes, j'ai souri : " Butel, c’est ce type qui complique sérieusement les déménagements de ceux qui ont eu entre 20 et 40 ans dans les années 80 : en plus de leurs bouquins, ils doivent trimballer toute la collection de l’Autre Journal, une revue mensuelle puis hebdo puis mensuelle puis défunte. Nous avons du mal à nous en séparer parce qu’il suffit d’ouvrir le moindre de ses numéros pour qu’en surgissent des voix, des vraies, qui racontent la vie avec d’autres mots et d’autres images. "
Quand j'ai aménagé chez Mister Wood, je n'ai pas voulu quitter mes revues et lui les siennes. On a donc des numéros en double...

Une typo à part, des articles très longs, des photomatons, de la socio, de la politique, du cinéma, du rêve, de la poésie... C'était tout ça l'Autre Journal.

Dans le Numéro Un de mai 1990 on peut lire : Tchernobyl, le dernier combat de Lioubov Kovaleskaïa / Au secours les nucléocrates reviennent / Banlieues : les enfants mettent le feu aux poudres / Algérie : femmes en mouvement / Du temps pour L'Amour un conte de Francis Marmande / L'Intifada vue par Jean Claude Coutausse / Les sociétés sous contrôle par  Gilles Deleuze / La nouvelle frontière de la Méditerranée / Sciences : le rêve / S'il y a des fleurs dans l'autre monde / Fellini quelques lueurs de Paradis...

J'avais ça dans les cartons... et ce soir en voyant les deux premières livres de l'Epicerie de l'Orage, j'ai pensé à la construction poétique de l'Autre journal, à la construction inventive, à la Typo qui ose... et je me suis dit qu'eux aussi avaient sûrement lu et aimé l'Autre journal... 

A découvrir : "Apprendre l'orthographe" et "Fêter son anniversaire" chez l'Epicerie de l'Orage